La prochaine édition des prix Personality of the Year de Gondola Society aura lieu le 13 mars prochain. Avant de connaître les heureux élus de l’édition 2025, revenons ensemble avec les lauréats 2024 sur l’impact que le prix Personality of the Year a eu sur leur vie professionnelle et privée. Terminons cette série d'interview avec la gagnante du prix ‘Suppliers’.

2024 a été une année faste pour An Vermeulen. Non seulement elle a remporté le prix Personality of the Year dans la catégorie ‘Suppliers’, elle est aussi, depuis le 1er septembre, chief public affairs, communications and sustainability officer au sein de Coca-Cola Europacific Partners. “Le prix Personality of the Year m’a donné davantage confiance en moi.”

Beaucoup de choses ont changé pour vous en 2024 : un nouveau poste, un prix Personality of the Year… Quel est votre sentiment rétrospectif ? 

Un sentiment très agréable. J’ai la profonde conviction que nous devons apporter notre contribution à la société belge et, plus largement, au monde. Je n’aime pas non plus compartimenter et je suis du genre à jeter des ponts : entre les gens, entre les organisations, entre les différentes entités, au sein de Coca-Cola. Et puis, je suis perpétuellement à la recherche de la croissance et de la prospérité, à court comme à long termes. J’aime chercher l’équilibre entre les deux. J’ai déjà travaillé pour de nombreux pays et départements chez Coca-Cola, mais ce qui est bien, c’est que, grâce à mon nouveau poste, je peux avoir un impact à un autre niveau encore et jeter des ponts afin de combiner le court et le long termes et d’apporter ma contribution à la société. Je trouve ça vraiment formidable et ça rejoint aussi un peu le prix Personality of the Year que j’ai remporté. À mes yeux, ce n’est pas une reconnaissance pour ce que j’ai fait, mais une invitation pour ce que je vais faire. 

Vous l’envisagez donc comme une opportunité supplémentaire d’avoir encore plus d’impact dans le secteur ? 

Oui. À l’instar d’autres élections, on n’est pas élu pour ce qu’on a fait ; on vous accorde la confiance pour ce que vous allez encore faire dans les années à venir. Je le vois donc comme une sorte de responsabilité et comme un appel à poursuivre mes efforts pour toutes les personnes qui ont voté pour moi. C’est une invitation à avoir plus d’impact sur l’industrie belge du retail, mais aussi sur les fournisseurs ou sur le foodservice, et à y jouer un rôle. Je trouve ça vraiment super. Les gens croient que je peux faire la différence et m’encouragent à continuer.

Le prix Personality of the Year a-t-il renforcé votre motivation ? 

Clairement. Ceux qui ne me connaissent pas ne le savent peut-être pas, mais je suis en fait très introvertie et parfois très peu sûre de moi. Je me demande parfois si certaines personnes veulent vraiment me parler et si ce que je dis les intéresse vraiment. Mais un prix comme celui-là confirme qu’il ne faut pas douter de soi et simplement y aller. Quand on a une idée en tête, il faut juste oser en parler. Elle n’a pas besoin d’être parfaite, du moment qu’elle suscite le dialogue ou favorise la discussion et qu’elle jette des ponts. À ce niveau, ce prix a vraiment boosté un peu ma confiance en moi. 

Qu’est-ce que le prix a changé pour vous à titre personnel ?

J’ai été beaucoup approchée et inspirée par des figures importantes de l’industrie, et ce prix m’a fait comprendre que nous sommes tous aussi juste des êtres humains, chacun avec nos angoisses. Tout le monde veut un avenir meilleur. Il n’est pas nécessaire d’être quelqu’un d’important pour pouvoir apporter un changement. On peut juste être soi-même. Il y a de la place pour différentes personnalités, aux visions divergentes. C’est aussi ce qu’on observe par exemple chez les lauréats et les nominés des prix Personality of the Year. Nous avons tous des personnalités différentes mais nous visons un objectif commun : nous voulons participer à une Belgique saine et prospère où l’industrie doit jouer un rôle. Le prix Personality of the Year démystifie un peu et permet d’être soi-même ; il est la preuve que la différence est un plus et crée une connexion entre les gens plutôt qu’entre des titres et des entreprises. 

An Vermeulen, Coca-Cola Europacific Partners, POTY 2024
©

Gondola

Et qu’est-ce qui a changé pour Coca-Cola ?

Une grosse entreprise comme Coca-Cola est souvent perçue comme arrogante, égoïste et américaine. Nous pensions donc n’avoir aucune chance, parce que qui voudrait voter pour ça ? Mais finalement, derrière cette grosse entreprise, il y a ici en Belgique tout simplement 2.000 personnalités aux bonnes intentions. Nous avons 3 usines belges et nous travaillons de manière très locale : nos produits sont fabriqués par des Belges et pour des Belges. Le prix apporte donc un peu de reconnaissance puisqu’il concerne les personnalités. Il y a tant de gens qui peuvent faire la différence.

Quelle est l’importance de ce genre de reconnaissances, d’après vous ?

Elles sont importantes et pas importantes en même temps. Elles donnent évidemment confiance et elles invitent l’industrie à faire plus d’efforts. Nous avons de bonnes personnalités qui peuvent avoir un impact, et nous devons donc en faire usage en vue d’améliorer l’industrie belge. Mais d’un autre côté, il ne faut pas non plus en exagérer l’importance, parce que beaucoup de gens peuvent faire la différence. Le simple fait d’être nominé, par exemple, d’être plus vu, est déjà un énorme honneur. Donc, je dirais : la tête dans les nuages mais les pieds sur terre. 

Qu’est-ce qui fait un bon candidat pour le prix Personality of the Year ? 

Deux choses, je pense. D’abord l’authenticité. Si la personne est vraiment elle-même, elle est alors authentique par définition et elle crée un lien avec des gens, pas avec des titres ou des entreprises. Et puis, il est aussi important que cette personne regarde plus loin que sa propre entreprise. Quelqu’un qui répond à ces deux conditions est d’après moi un bon candidat. 

L’année écoulée a été très mouvementée pour le retail. Quels ont été pour vous les temps forts de 2024 et quelles sont vos ambitions pour l’année 2025 ?  

Ce qui m’a frappée personnellement, ce sont les très bonnes discussions qui ont lieu entre chefs d’entreprise, mais aussi entre les chefs d’entreprise et les politiques et d’autres parties prenantes au sujet de l’avenir de la Belgique. Il y a nettement plus d’ouverture entre les différents acteurs de la société, ce qui m’emplit de confiance pour l’avenir. On est encore loin du compte et le ‘comment’ n’a pas encore été déterminé, mais on sort de plus en plus de la réflexion conventionnelle. Une nouvelle génération arrive, qui comprend que nous devons aborder les problèmes ensemble. Pour ce qui est de 2025, j’espère un climat plus stable ; il y a en effet encore beaucoup d’agitation sur le marché, notamment à cause des élections sur la scène internationale et chez nous, mais aussi à cause des guerres. J’espère que nous pourrons à nouveau œuvrer de concert à l’économie, mais aussi au climat, un thème qui a été un peu négligé ces derniers temps. J’aspire donc à une bulle d’oxygène renouvelée en Belgique et dans le monde.

Personnellement, tout comme Rome a été construite brique par brique, je veux construire à nouveau brique par brique. J’ai aujourd’hui l’avantage d’avoir un rôle mondial, et de pouvoir donc construire des ponts à l’échelle internationale. Je vais le faire en apportant notre réflexion belge et notre mentalité ‘pieds sur terre’ dans d’autres parties du monde, mais en apportant aussi un petit bout du monde en Belgique. Je pense que notre pays est en avance dans certains domaines, comme les discussions entre acteurs, notre modestie, ou encore notre pragmatisme. D’un autre côté, il y a aussi l’innovation et l’audace que l’on retrouve parfois sur d’autres marchés et qui pourraient nous servir ici aussi. Je vais donc m’efforcer de concilier ces différents éléments. 

Vision 2025

Cet article est issu de notre magazine Vision 2025. Curieux de découvrir des contenus similaires ? Souscrivez à un abonnement !

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